Née en 1995 à Montpellier, FR
Vit et travaille à Paris, FR
Anna de Castro Barbosa développe une pratique sculpturale et installative portée par une attention accrue à la rencontre : non pas tant le moment du contact lui-même que la tension qui le précède — cet espace instable où le désir et le malaise s’entrelacent, où la séduction vacille au bord de la répulsion.
Ses œuvres sont conçues comme des seuils, des terrains d’expérimentation dans lesquels le corps et le regard sont mis sous pression. Travaillant avec des matériaux qui s’adressent directement aux sens — la froideur du métal, la douceur de surfaces poreuses, la netteté d’une ligne précise — de Castro Barbosa crée des objets et des environnements qui oscillent entre attraction et inconfort. Ce qui semble accueillant peut aussi contraindre ; ce qui nous attire peut simultanément nous tenir à distance. Ses sculptures semblent souvent attendre une activation, comme si elles exigeaient qu’un corps les saisisse, les affronte ou se mesure à elles. Dans cet état de suspension, elles entrent en dialogue avec l’instrument médical, l’outil fétichiste et la prothèse.
Sa pratique est traversée par une étrangeté intime : une forme de trouble dans laquelle l’autre n’est jamais pleinement donné, mais plutôt pressenti, soupçonné ou approché. S’appuyant sur la porosité entre érotisme et exposition du corps chez Bataille, ainsi que sur la notion d’extension du geste et d’amplification du toucher chez Rebecca Horn, de Castro Barbosa explore la manière dont l’angoisse structure notre relation au monde. Pour elle, le malaise devient une force motrice — un mouvement vers l’altérité qui ne se stabilise jamais dans une forme rassurante. Ses matériaux conservent la mémoire du contact : le métal absorbant la chaleur d’une paume, le verre marqué par des empreintes digitales, des surfaces préservant la trace d’un passage.
Ses recherches récentes portent sur les notions de jeu et de règles : jeux d’enfants, jeux d’adultes, processus d’apprentissage et interfaces relationnelles, envisagés comme des cadres à travers lesquels s’organisent l’expérience du contact avec l’autre et la construction du désir. Un objet peut-il devenir une règle du jeu ? Une sculpture peut-elle devenir un champ d’expérimentation, rejoué à l’infini ? Dans son travail, le ludique n’adoucit pas l’expérience, mais l’intensifie : il transforme l’attente en rituel, le trouble en règle, et l’hésitation en un espace à habiter.
Anna de Castro Barbosa (née en 1995 à Montpellier, FR) vit à Montreuil et travaille à Paris. Après des études en histoire de l’art, médiation et muséologie à la Sorbonne, elle intègre l’École des Beaux-Arts de Nantes en 2018, où elle obtient son DNA en 2021. La même année, elle rejoint les Beaux-Arts de Paris, dont elle est diplômée en 2024 avec les félicitations du jury, sous la direction de Tatiana Trouvé et Dominique Figarella. Elle est lauréate de la bourse Diptyque, de la bourse Bredin-Prat et du Prix Dauphine pour l’art contemporain. Elle est actuellement résidente à POUSH, où elle poursuit le développement de sa pratique dans les champs de la sculpture et de l’installation.
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